Le centre de loisirs Albert Thomas
L’actuel théâtre tient une place de choix au coeur de la cité-jardins : il occupe un rôle structurant dans la composition de celle-ci, placé au bout de l’avenue Aristide Briand, et il marque le paysage par son important volume.
Il est entouré d’immeubles de la cinquième phase de construction, réalisée entre 1931 et 1936. Il s’agit de la plus importante avec ses 981 logements collectifs dont une dizaine d’ateliers d’artistes-logements.
L’édifice est inauguré le 27 mars 1938 en remplacement d’une ancienne salle des fêtes : il s’agit d’un lieu essentiel au coeur du quartier pour l’éducation artistique et culturelle. Il accueille le cinéma ainsi que des associations sportives et culturelles.
Il dispose de 1200 places assises avec une scène de 10 mètres de large sur 7 mètres de profondeur.
Le décor de René Letourneur
L’architecte Alexandre Maistrasse s’inspire du théâtre de Chaillot, inauguré un an auparavant.
Il propose une façade monumentale rythmée par trois baies monumentales garnies de ferronneries et surmontées de mascarons évoquant le théâtre antique.
Afin de mettre en exergue cet équipement incontournable dans la vie de la cité-jardins, il fait appel à René Letourneur pour réaliser des bas-reliefs formant des frises au-dessus des entrées latérales ainsi que les trois masques en façade.
René Letourneur (1898-1990) a étudié à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, il expose pour la première fois en 1922 au Salon des Artistes français et reçoit une médaille. Grand prix de Rome en 1926, il remporte un concours pour la construction d’un monument à Simon Bolivar, commande de l’Etat équatorien, qu’il réalisera en bronze avec l’assistance de son ami, le sculpteur Jacques Swobada.
Il réalise de très nombreuses oeuvres pour la commande publique : on peut noter à Suresnes les bas-reliefs du collège Henri Sellier et ceux de l’école maternelle Wilson dans la cité-jardins.
Jean Vilar et le Théâtre national populaire (TNP)
En 1951, Jean Vilar doit quitter le palais de Chaillot occupé par l’ONU et décide de s’installer dans le monumental théâtre de Suresnes.
Il fait de la cité-jardins le point de départ de ses « tournées en banlieue », actes de démocratisation de la culture avant la lettre. Au cours de « week-ends artistiques » qui vont marquer la mémoire des habitants du quartier, il propose une programmation spécifique mêlant concerts, art dramatique, conférences-dialogues avec les acteurs du Théâtre national populaire et bal. Le tout sur une durée d’un jour et demi et pour un billet global vendu à 1 200 frs.
Les plus grandes vedettes d’alors se rendent à la cité-jardins : Gérard Philippe, Maurice Chevalier, Yves Montand, Aragon et Elsa Triolet, Armand Salacrou, Jean Cocteau et bien d’autres encore.
Et aujourd’hui?
Le centre de loisirs Albert Thomas est rebaptisé théâtre Jean-Vilar en 1971 suite à la mort du comédien.
Franck Valeanu rénove ce bâtiment et ses deux salles en 1986, en ajoutant 700 fauteuils en gradin dans la salle Jean-Vilar et en aménageant deux foyers-bars. Le nouveau théâtre est inauguré le 29 novembre 1990 sous la direction d’Olivier Meyer.
Ce sont des saisons rythmées par le théâtre, la danse classique ou contemporaine, le hip hop, la musique classique, le jazz, le cirque, le théâtre musical qui se déploient dans les salles Jean Vilar et Aéroplane. En 1993, le festival Suresnes Cités Danse nait, dédié aux danses urbaines.
Neuf mois de travaux en 2020 ont permis l’agrandissement de la cage de scène, dont la surface est multipliée par trois, et la modernisation de la machinerie scénique de la grande salle afin d’accueillir des productions de grande envergure.
Depuis juillet 2022, Carolyn Occelli a pris la direction du Théâtre de Suresnes Jean Vilar . Avec son équipe, elle propose une riche programmation pluridisciplinaire de plus de cent représentations par saison dont la danse est une colonne vertébrale, mais aussi des actions culturelles et d’éducation artistique en partenariat avec les équipements locaux.