Une composition d’ensemble réfléchie
La cité-jardins doit mêler toutes les catégories de populations laborieuses, quelques soient leurs revenus ou la composition de leurs foyers.
Ainsi, différents types de logements sont proposés dont la surface et le loyer évoluent en fonction des besoins et des ressources des familles.
Les immeubles collectifs sont disposés en bordure des voies les plus larges : actuelles avenues Jean Jaurès, Aristide Briand et Alexandre Maistrasse.
530 pavillons sont prévus dans le plan initial de 1918 : seuls 170 seront réalisés, les autres ayant été remplacés par des immeubles, notamment en bordure de l’hippodrome et avenue Alexandre Maistrasse.
Le confort pour tous
Tous les logements, sans exception, comportent un débarras, un W-C relié au tout-à-l’égoût, une pierre à évier avec paillasse pour fourneau à gaz et une petite armoire ventilée formant un garde-manger. L’eau courante et l’électricité sont installés dans chaque logement. Les chambres sont équipées de cheminées.
Quatre types d’appartements se distinguent :
-les logements avec cuisine indépendante,
-les logements avec salle commune, comprenant une cuisine ouverte sur la salle à manger,
-les logements « à bon marché » avec chauffage central et cabinet d’aisances avec salle de douche,
-les logements « de type amélioré » avec des surfaces plus importantes, une salle de bains et une cuisine séparée.
Des logements pour catégories spécifiques existent également dans la résidence pour célibataires et jeunes ménages, la résidence pour vieillards, les ateliers d’artistes et l’immeuble pour « indésirables ».
Tous les logements sont à l’origine en location.
Les architectes au service du projet
Alexandre Maistrasse (1860-1951) commence ses études pour la cité-jardins de Suresnes en 1917. Les premiers projets voient le jour en 1918 pour un début des travaux en 1921.
Il a déjà travaillé dans le champ du logement social et des équipements publics, notamment pour l’Hôpital Trousseau et des écoles à Argenteuil, Saint-Ouen et dans le 15è arrondissement.
Julien Quoniam (1876-1954), également architecte de l’Office public des habitations à bon marché du Département de la Seine, est associé à Alexandre Maistrasse entre 1927 et 1938 pour la réalisation de cinq tranches de travaux.
En 1938, Félix Dumail (1883-1955) qui a réalisé la cité-jardins du Pré Saint-Gervais, se voit confier les 7e et 8e tranches de construction. Interrompues jusqu’en 1948 à cause de la Seconde Guerre mondiale.
Enfin, Léon Bazin édifie en 1956 trois immeubles barres en remplacement des 72 logements détruits et des 48 endommagés à la suite des bombardements de 1942.