Étude des collections

Les réserves sont le cœur des musées : elles offrent les meilleures conditions de conservation possibles pour les œuvres mais elles sont aussi un lieu d’étude et de recherche.

Le MUS possède depuis 2015 des réserves installées en rez-de-cour de la salle des fêtes. Ces dernières remplissent toutes les normes de conservation préventive des œuvres (la température, l’hygrométrie et la lumière sont régulées) et garantissant leur sécurité contre le vol ou les sinistres.

Plus de 11 000 œuvres et 70 000 cartes postales documentaires y sont conservées!

 

Le récolement décennal

Le récolement est « l’opération qui consiste à vérifier, sur pièce et sur place, à partir d’un bien ou de son numéro d’inventaire : la présence du bien dans les collections, sa localisation, l’état du bien, son marquage, la conformité de l’inscription à l’inventaire avec le bien ainsi que, le cas échéant, avec les différentes sources documentaires, archives, dossiers d’œuvres, catalogues ». Il s’agit d’une obligation légale qui doit être réalisée tous les 10 ans.

Les opérations de récolement des collections sont extrêmement longues et délicates. L’équipe du musée procède par campagnes, c’est-à-dire par parties des collections. Un logiciel de gestion de collections muséales permet de consigner l’état précis du bien mais aussi d’enregistrer tous ses mouvements.

Ce récolement décennal permet de dresser un bilan sanitaire des collections et de mettre en évidence des incidents éventuels comme des vols.

Au MUS, l’obligation légale a donné lieu à un véritable chantier des collections. Chaque œuvre est dépoussiérée, photographiée et documentée.

C’est l’occasion de redécouvrir des trésors cachés et de les rendre consultables pour le public grâce à la base de données en ligne des collections disponible sur le site Internet du musée et sur le site POP du Ministère de la Culture et de la Communication.

La documentation rassemblée lors de recherches ou acquise avec l’œuvre est précieusement sauvegardée dans un dossier d’œuvre conservé au centre de documentation.

La conservation préventive et les restaurations

La notion de conservation préventive englobe l’ensemble des moyens utilisés pour préserver les œuvres des altérations qui peuvent être causées par le temps ou l’action de l’homme.

En effet, les matériaux constituant les œuvres sont quasiment toujours transformés et le temps les poussera à retrouver leur état original : le métal s’oxyde pour se rapprocher de l’état du minerai, le bois et le papier se désagrègent pour redevenir cellulose…

Le rôle des professionnels des musées -et notamment des chargés de collections- est de mettre en place toutes les mesures nécessaires pour réduire au maximum les dégradations sur les objets.

Ces interventions préventives sont parfois insuffisantes et les œuvres doivent subir des opérations curatives : c’est la restauration.

La restauration est effectuée par des professionnels diplômés sous le contrôle du personnel scientifique du musée et de la commission de restauration régionale des musées de France organisée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Ile-de-France. Ce sont des prestataires du musée dont le personnel ne possède pas ces compétences.

Les restaurations de l'année 2017

Les bas-reliefs de l'usine Coty

Suresnes est connue comme « la cité des parfums » : en effet, François Coty y installe son laboratoire juste avant la première Guerre mondiale afin d’y développer une gamme de parfums de haute qualité, personnalisant chaque femme.

A l’emplacement du Château de la Source, l’usine qui réalise jus, flacons et emballages, emploiera jusqu’à 4000 employé.e.s.

Cette usine est encore en partie visible le à côté du pont de Suresnes : elle accueille le siège de l’entreprise Bel.

Vue aérienne de la Cité des parfums

L’usine accueillait, en plus des lieux de production, le siège social avec les départements d’études, de création, de publicité et de vente.

De part et d’autre de l’entrée principale, deux fontaines étaient décorées de bas-reliefs représentant des jeunes filles agenouillées autour d’un brûle parfum.

La cour d'honneur de l'usine Coty

Ces bas-reliefs ont été déposés au moment du remaniement du bâtiment en 2001. Stockés par le MUS et portés à l’inventaire, leur restauration a été décidée en 2016.

En effet, leur long séjour à l’extérieur avait provoqué des coulures, un noircissement et quelques pertes de relief.

Un bas relief avant restauration

Les bas-reliefs ont été sablés et nettoyés pour retrouver la couleur d’origine de la pierre. Ils ont ensuite été remis en place dans le parc du Château, sous une couverture en zinc afin de les protéger de la pluie!

Désormais, le motif créé par René Lalique et reproduit ici par le sculpteur André Augustin Sallé est bien lisible.

Un bas-relief après restauration

Allez vite les découvrir  au Parc du Château !

La remise en place des bas-reliefs, en cours

Les restaurations de l'année 2016

Les griffons du Pont de Suresnes

Deux œuvres à l’histoire mouvementée ont subi une cure de jouvence grâce au MUS. Il s’agit de deux griffons du pont de Suresnes qui sont actuellement en cours de traitement.

Le pont que nous connaissons actuellement fait suite à plusieurs reconstructions. Le premier pont ayant remplacé le bac a été construit en 1842 ; détruit par les conflits de 1870, un pont de bateaux a été provisoirement mis en place.

Cet assemblage de bateaux peu pratique a été rapidement remplacé par un pont à trois arches construit entre 1873 et 1874. Rapidement devenu trop étroit, sa largeur a été augmentée à 17,55 mètres en 1897 : c’est à ce moment que la municipalité a lancé un programme de décoration confié au sculpteur Emmanuel Frémiet qui a brillamment réalisé le monument à Jeanne d’Arc à Paris.

Les candélabres prenant place au dessus de chaque pile étaient garnis de sculptures représentant le blason de Paris ainsi que trois griffons portant le blason de Suresnes.

Deux griffons et un blason ont été conservés dans les collections du musée. Leur long séjour en extérieur a provoqué une profonde corrosion de la surface du métal d’autant plus qu’il était exposé devant l’ancien musée avenue Franklin Roosevelt.

Le pont de Suresnes avec le décor d'Emmanuel Frémiet

Le MUS a fait appel à une restauratrice du patrimoine pour arrêter la corrosion, retrouver les différents états de l’œuvre et redonner de la lisibilité à l’œuvre.

Dans l’atelier de la restauratrice, les œuvres ont donc été dépoussiérées minutieusement. Ensuite, la corrosion a été dégagée mécaniquement par sablage, c’est à dire par projection à haute pression de micro-particules. Ce dégagement a été complété au scalpel pour les zones les plus sensibles.

Le traitement a révélé la peinture originale et une couche dorée correspondant à la bronzine, le traitement anti-rouille qui protégeait les griffons en extérieur.

L’équipe a choisi de ne pas faire repeindre ces éléments pour garder la trace de leur évolution et expliquer ces particularités de la statuaire urbaine aux visiteurs.

Cette restauration a révélé la qualité de la sculpture, le détail des plumes des ailes, le rendu de la physionomie des félins. D’autres détails apparaîtront au moment du rendu du rapport de restauration.

Départ des griffons chez la restauratrice du patrimoine spécialisée en traitement des oeuvres métalliques.

Les oeuvres restaurées à l'occasion de prêts

Les institutions ayant emprunté des œuvres ont financé des travaux de restauration pour la mise en exposition c’est à dire des restaurations légères pour une meilleure lisibilité.

Le Musée Raymond Poincaré de Sampigny a ainsi fait recoller une fragilité sur la figurine de Nicolas II par Henry Pierre 997.00.1874 .

Nicolas II par Henry Pierre

Le Musée des Arts décoratifs a nettoyé et restauré l’ensemble des œuvres empruntées pour son exposition « De la caricature à l’affiche ».

Le Museum d'Histoire naturelle

Les restaurations de l'année 2015

En 2015, le MUS a prêté au Musée Français de la Carte à jouer plusieurs tableaux sur la Seine dont la Vue de Suresnes depuis Saint-Cloud par Gaston La Touche (2014.5.1).

Cette œuvre nécessitait une légère restauration qui a été prise en charge par le Musée Français de la Carte à jouer : il fallait rendre la lisibilité au tableau dont le vernis était jauni. Il fallait aussi réaliser un montage dans un cadre adapté.

"Vue de la Seine à Suresnes" par Gaston Latouche