La bouteille de vin de Suresnes

Des vignes en Liberté

Si nous connaissons aujourd’hui la vigne du clos du Pas Saint-Maurice, il faut savoir que les parcelles s’étendaient tout autour du Mont-Valérien qui offre un ensoleillement privilégié.

Le quartier Liberté ne fait pas exception à la règle avec une parcelle cultivée par la famille Maillet, juste en face du lycée Paul-Langevin qu’on aperçoit sur cette photographie de 1929.

 

Vigne Maillet rue des Cherchevets, inv. 997.00.898

Les grands vignerons de Suresnes

La famille Maillet-Langot fait partie des grands noms de la viticulture locale avec les Denise, Roy, Eyzard et le fameux Robert Joyeux, dernier vigneron de Suresnes.

L’année est rythmée par les différents travaux des champs et l’économie locale est animée par les métiers relatifs à la viticulture : tonneliers, gardes messiers, saisonniers venus pour les vendanges.

Bouteille de vin Maillet-Langot, inv. 997.00.2724
Serpette à vigne, inv. 997.00.1110
Soufreuse à vigne, inv. 997.00.1112
Hotte de vigneron, inv. 997.00.1393
Tonnelet, inv. 997.00.1451
Broc à vin, inv. 997.00.1372
Monsieur Jacques-Guillaume Lamarre, inv. 997.00.727
Couple de vignerons, inv. 997.00.3329
Tonnellerie Sénéchal, inv. 997.00.2438

En r’venant d’Suresnes

La production de vin entraîne la venue de personnes extérieures à la ville, notamment des parisiens venus profiter des bienfaits du « Petit bleu de Suresnes ».

Les vignerons avaient « droit de bouchon » les dimanches et jours de fête : ils pouvaient vendre leur production directement chez eux sans payer de taxe. Pour le signaler aux passants, ils accrochaient un petit bouquet de feuillage appelé « bouchon » à leur porte.

Les guinguettes développent cette pratique en proposant à manger, de la musique et un espace de danse. Elles s’ouvrent par la suite aux nouveaux loisirs comme le canotage ou la bicyclette.

De nombreuses chansons racontent ces expériences suresnoises plus ou moins réussies…

Partition "En r'venant de Suresnes" par Emile Spencer, Joinneau et Delattre, inv. 997.00.1169

Hier ayant palpé ma quinzaine,
Je m’dis pour m’amuser un peu
J’men vais aller jusqu’à Suresnes
Histoire de licher du p’tit bleu

J’ai bu j’dois l’dire comme une vraie bête,
Tellement qu’quand j’voulus m’en aller
Autour de moi, j’vis tout tourner
Et je m’sentis mal à la tête

(Refrain) J’avais mon pompon
En r’venant d’Suresnes
Tout le long d’la Seine
J’sentais qu’j’étais rond.
J’avais mon pompon
En r’venant d’Suresnes
J’avais mon pompon

Et aujourd’hui ?

Il est toujours possible de déguster du vin de Suresnes. Il est même reconnu comme Meilleur vin blanc d’Ile-de-France !

Cependant, il faut se rendre rue du Passage Saint-Maurice pour visiter la vigne municipale qui est la plus grande d’Ile-de-France. La parcelle de la rue Maurice Payret-Dortail a quant-à-elle été remplacée par des immeubles.

Environ 4500 bouteilles sont produites chaque année avec trois cuvées mêlant Chardonnay et Sauvignon.
En 2020, le vin de Suresnes reçoit la dénomination géographique « Coteaux de Suresnes-Mont-Valérien » afin de compléter son Indication géographique protégée (IGP) reçue en 2009.

 

Vigne municipale de Suresnes

Carte d’identité de l’œuvre

Dénomination : Bouteille de vin de Suresnes
Numéro d’inventaire :  997.00.2724
Auteur : MAILLET-LANGOT (fabricant)
Millésime de l’œuvre : Première moitié XXe siècle
Technique et matériaux : verre, papier, liège (moulé, imprimé)
Dimensions : H. 30 cm ; D. 8,5 cm ; VOLUM. 0,0017 (sans le bouchon) ; H. 34 cm (avec bouchon)
Issue du fonds ancien
Lien vers la notice de l’œuvre