« La Seine à Suresnes » par Franck Armington

Quand on s’promène au bord de l’eau

Tout semble calme sur cette toile représentant les bords de Seine acquise par le MUS en 2022. Pourtant, au moment où Frank Armington l’a réalisée, Suresnes est déjà très urbanisée et industrialisée puisque nous sommes en 1929.

Le peintre nous livre une vision de la banlieue chère aux Impressionnistes du siècle dernier. Il adopte une touche pointilliste et colorée pour représenter la verdure du Bois de Boulogne et de la ville de Suresnes sur la rive opposée.

"La Seine à Suresnes" par Armington, inv. 2022.1.1

Yachting 

Au milieu du XIXe siècle, la promenade sur l’eau, auparavant réservée à l’élite, se démocratise. On se retrouve sur les bords de Seine en famille, entre amis ou entre sportifs. Un engouement qui est d’ailleurs immortalisé par les Impressionnistes.

Les embarcations à moteurs tels les luxueux yachts demeurent réservées aux plus fortunés. La population ouvrière se contente de louer une barque pour quelques heures.

Suresnes, les bords de Seine et les yachts, inv. 2006.2.408

Un dimanche à la campagne

Les ouvriers profitent de l’instauration du dimanche chômé pour rejoindre la banlieue chaque fin de semaine.

Les loisirs y sont nombreux : la bicyclette trouve notamment un regain d’intérêt après le premier Tour de France en 1903.

Elle peut être louée pour la journée dans les guinguettes.

"Bords de Seine" par Gustave François, inv. 997.00.2285

Navigation en tous genres

Les péniches de transport de marchandises laissent place le dimanche à de nombreuses embarcations.

On peut notamment citer les bateaux parisiens qui permettent de rejoindre la banlieue depuis Paris.
L’embarcadère de Suresnes constitue le terminus de la ligne.

Suresnes, les bords de Seine, inv. 2006.2.405

Les dernières guinguettes de Suresnes

La fin du XIXe siècle est l’âge d’or des guinguettes.
Ces établissements populaires associent boissons, nourriture, danses et loisirs divers (baignade, canotage, balançoires, pêche de loisir).

À Suresnes, de grands noms de guinguettes sont restés dans les mémoires : la Belle Gabrielle, la Belle cycliste, le Moulin Rose, les Grottes, le Pavillon de Suresnes et bien sûr le Père Lapin !

C’est ici le restaurant Ribard, en bas du boulevard de Versailles, qui est représenté.

Les dernières guinguettes de Suresnes, inv. 2009.3.1

Et aujourd’hui ?

Le département des Hauts-de-Seine s’est engagé dans une requalification des bords de Seine entre Suresnes et le parc de Saint-Cloud avec l’aménagement de route départementale dont il a la gestion.

Les objectifs affichés sont le partage de l’espace public entre les différents utilisateurs afin que chacun se réapproprie les bords du fleuve.

Bords de Seine à Suresnes (c)Direction de la communication Suresnes
La Seine à Suresnes, par Alexandre Nozal
"La Seine à Suresnes" par Alexandre Nozal
"La Seine à Suresnes" par Alexandre Nozal (atelier)
"Le pont de Suresnes" par Albert Chavepeyer, inv. 997.00.2288
"Bords de Seine" par Gustave François, inv. 997.00.2285
"Le barrage et les écluses de Suresnes" par Henry Brémond, inv. 1996.1.2
"Yachts amarrés à Suresnes" par Alexandre Brun, inv. 2016.5.1
"La Seine à Suresnes" par Gaston La Touche, inv. 2014.5.1

Carte d’identité de l’œuvre

Titre : La Seine à Suresnes
Numéro d’inventaire :  2022.1.1
Auteur : ARMINGTON Franck Milton (peintre)
Millésime : 1929
Technique et matériaux : toile (peinture à l’huile)
Dimensions : H. 31 cm ; l. 39 cm
Acquisition récente, achat en vente publique en 2022
Lien vers la notice de l’œuvre