Une église pour la cité-jardins
Dès les premiers plans du quartier, un terrain est réservé dans l’éventualité où les groupements ou associations qui poursuivraient un objectif religieux seraient disposés à édifier des institutions cultuelles pour la population de la cité-jardins.
En 1929, l’Office public des habitations à bon marché du département de la Seine a acquis des terrains supplémentaires pour poursuivre la construction du quartier vers l’Ouest. 1600 logements sont déjà construits et 900 en voie d’achèvement. Pour Henri Sellier, humaniste respectueux de toutes les convictions religieuses, la construction d’un lieu de culte semble indispensable.
En 1932, l’office des habitations à bon marché du département de la Seine offre donc un bail de 75 ans à la communauté catholique.
Le programme des chantiers du Cardinal
L’église Notre-Dame-de-la-Paix est édifiée grâce à des dons de particuliers réunis au cours d’une souscription, du mécénat de Madame Donat-Agache, originaire de la région de Lille et issue de la riche famille des industriels Kuhlmann qui offre 500.000 francs pour ce projet. Le diocèse effectue un emprunt pour le reste des travaux.
L’édifice fait partie du programme de 100 nouvelles églises en région parisienne en 1931 appelé « chantiers du cardinal Verdier ».
Le moine-architecte Dom Paul Bellot est désigné pour le projet, avec l’accord enthousiaste d’Alexandre Maistrasse.
Un projet initial colossal
La première pierre est posée le 17 avril 1932 par le Cardinal Verdier en personne.
L’église devait mesurer 61 mètres de long pour 23 mètres de large et 35 mètres de hauteur en haut de la nef. 800 fidèles pouvaient être accueillis dans la nef central et 200 dans chaque colatéral avec une chapelle de la Vierge destinée à 200 personnes.
Un clocher de 47,50 mètres de haut devait prendre place à l’avant de l’édifice.
Ce projet initial présentait un coût approximatif de 2.500.000 francs. Or, en avril 1933, il manque encore 1.500.000 francs pour l’achever…
La nef est fermée par des briques creuses et on inaugure une version réduite du sanctuaire en avril 1934. La consécration a lieu en 1936.
Des travaux sont entrepris en 1973 – 1974 pour ajouter une verrière en façade, cependant, le clocher est encore manquant aujourd’hui et les cloches sont placées dans une charpente posée au sol.
Une architecture mêlant tradition et modernité
Placée en bordure Nord d’un axe important pour la cité-jardins, l’église Notre-Dame-de-la-Paix répond au groupe scolaire Aristide Briand.
L’ossature en béton de sa nef n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle du gymnase de l’établissement scolaire.
L’architecture de Dom Paul Bellot réinterprète les plans traditionnels des églises en les simplifiant, faisant preuve d’un rationnalisme teinté de fantaisie.
Il travaille assidûment au traitement des arcs pour animer l’intérieur de l’édifice : toute sa carrière, il s’est emparé des influences anglaises, hollandaises, nordiques et catalanes pour maîtriser les techniques constructives les plus complexes.
Pour la décoration, il s’entoure de Frère François, coloriste qui choisit des matériaux modernes et colorés : peinture au Stic-B, pavé de verre pour les vitraux, grès cérame au sol.
Le béton, l’électricité et la charpente métallique sont confiés à des entreprises parisiennes tandis la couverture et la maçonnerie sont confiées à des entreprises du Nord avec lesquelles Dom Bellot a l’habitude de travailler.
Les autres lieux de culte
L’église de la Réconciliation, temple de l’église luthérienne, est inauguré le 23 mai 1954. Construite en béton armé, calcaire et pierre de taille, elle est d’inspiration romane et nordique. Elle remplace une première église installée dans une ancienne boutique en 1921, puis une chapelle en bois appelée « La baraque » offerte par la maison suisse en 1947.
Un lieu de culte israélite est installé dans un appartement de l’avenue Gustave-Stressemann.