3 – L’Hôpital Foch

Un idéal soutenu depuis 1929

La Fondation Foch, aussi dénommée Fondation médicale franco-américaine du Mont-Valérien, est reconnue d’utilité publique par le décret du 5 décembre 1929. Elle fait appel à la générosité du public pour créer et mener à bien les projets de l’hôpital Foch, établissement de 350 lits à l’origine, aujourd’hui un des plus grands hôpitaux privés à but non lucratif en France.

Sa création a été rendue possible par l’implication de Justin Godart, avocat, parlementaire, ancien Ministre de la Santé, et de Bernard Flursheim, chargé de la distribution des stocks de la Croix-Rouge américaine en France. Ces deux hommes ont su mobiliser de grands donateurs publics et privés qui ont à leur tour attiré de nombreux contributeurs.

Ce sont ces bienfaiteurs qui ont concrétisé le projet d’un hôpital pour tous, en considérant particulièrement le bien-être des patients.

La Fondation-Hôpital Foch, phototypie par Daniel Delboy (c)MUS, inv. 2006.2.204

Des initiatives originales en faveur du mécénat

La construction de chaque chambre de l’hôpital Foch a été estimée à 200 000 francs. L’édification de l’hôpital nécessite donc une levée de fonds de 45 millions de francs.

Les membres fondateurs développent alors des trésors d’imagination pour faire participer les donateurs : soirées et visites sont organisées, ainsi qu’une course nautique entre Oxford et Cambridge en 1937.

Le Comité des Dames mené par Consuelo Vanderbilt profite de son réseau, allant même jusqu’au bureau du Président de la République Albert Lebrun.

Aujourd’hui, ce sont plus de 10 000 donateurs réguliers qui rendent possibles les actions de la Fondation Foch.

Plaquette course Oxford - Cambridge - Paris (c)MUS, inv. 2018.0.33.1

Un hôpital à Suresnes

À l’origine, Justin Godart et Bernard Flursheim avaient envisagé la construction d’un hôpital à Boulogne, en bord de Seine. La municipalité préfère y construire des écoles.

Un nouvel emplacement est alors choisi à Suresnes : il s’agit de l’ancienne propriété du couturier Charles Frederick Worth, réaménagée par son fils ainé Gaston. Le terrain de 15 hectares est organisé en jardins à l’anglaise. Il n’en subsiste aujourd’hui qu’un portail orné d’escargots, l’emblème du couturier, et le pavillon anglo-normand de Gaston Worth où la Fondation Foch possède son siège.

L’architecte M. Fouqué est alors désigné pour établir les plans du futur hôpital après un voyage d’études en Europe et aux Etats-Unis.

Le 20 mars 1931, jour anniversaire de la mort du maréchal, la première pierre de l’hôpital est posée, en présence de son épouse et de nombreuses personnalités politiques françaises et américaines. Le parc aménagé sera sauvegardé dans la phase initiale de construction.

Pose de la première pierre de l'Hôpital Foch (c)MUS, inv. 2017.0.53

Une grande propriété pour un hôpital

L’emplacement de l’Hôpital Foch correspond à une partie de l’ancien Clos des Seigneurs, une large parcelle de terrain qui servait à la culture de la vigne entre l’actuelle rue Merlin de Thionville et le Cimetière Américain. Elle a été morcelée à la Révolution puis coupée en deux par l’arrivée du chemin de fer.

Charles Frederick Worth et son épouse Marie en acquièrent un partie en 1864 puis, au bout de 17 acquisitions, rassembleront 1,7 hectares.

Ils font appel à leur beau-frère, l’architecte Denis Darcy, pour agrandir une demeure existante et en faire un incroyable château au style éclectique.

Jusque dans les années 1890, la propriété sera continuellement en travaux pour agrandir l’habitation, aménager des kiosques et des dépenses mais aussi constituer de sublimes jardins avec des vestiges des Tuileries.

Le château Worth vers 1868, extrait de "La gazette des architectes et du bâtiment" (c)Collection Fabrice Olivieri

Le Portail au Escargots

Aujourd’hui, il ne subsiste de cette incroyable propriété que le Portail aux Escargots, l’entrée des atelages depuis la rue du Mont-Valérien (actuelle avenue Franklin-Roosevelt).

Restauré par la Ville de Suresnes et la Fondation Foch grâce à un important soutien de la Mission pour le patrimoine en péril confiée à Stéphane Bern et grâce à une souscription publique, le Portail nous laisse entrevoir la richesse du décor de la maison des Worth à Suresnes.

Caducée, lions rugissants, figure d’Hercule, poings ailés, Roi Soleil, les symboles sont très nombreux sur cet édifice.

Il doit son nom à deux escargots sur sa grille et deux autres sur son fronton : symboles du couturier, ils nous rappellent son départ de son Angleterre natale et sa lente et infaillible ascension vers le succès.

Le portail aux Escargots avant sa restauration (c)Ville de Suresnes / Yazid Menour
Brochure "La Fondation médicale du Mont-Valérien" (c)MUS, inv. 997.00.3325
Plans de l'Hôpital Foch, extrait de L'Architecture, 15 juin 1938 (c)Fondation Foch
Le pavillon Balsan et l'Hôpital Foch (c)MUS, inv. 2006.2.207
La Fondation médicale franco-américaine du Mont-Valérien, vers 1980 (c)Fondation Foch
Portrait dédicacé de Charles Frederick Worth d'après une photographie de Nadar, Fortuné Meaulle (graveur), vers 1880 (c)Collection Chantal Trubert-Tollu
Château Worth (c)MUS, inv. 997.00.286
Château Worth (c)MUS, inv. 997.00.286
Jardins de la propriété de Charles-Frederick Worth (c)MUS, inv. 997.00.686
Jardins de la propriété de Charles Frederick Worth (c)MUS, inv. 997.00.488