Hygiène et santé pour tous
Henri Sellier, maire de Suresnes entre 1919 et 1941, en a fait le laboratoire de son projet urbain et social. S’il est reconnu comme un acteur majeur de l’amélioration de l’habitat des populations laborieuses avec les cités-jardins, il a aussi mené d’importantes actions pour l’éducation et la santé.
Dès 1919, son programme électoral prévoit l’organisation d’un service social municipal composé de plusieurs institutions permanentes mais aussi grâce au service de douze infirmières visiteuses géré par le bureau municipal d’hygiène. Les services de conseils et les consultations sont gratuits, le coût des autres prestations dépendant du degré d’indigence.
Au bas de la ville, le dispensaire ouvre ses portes dès 1931 sous le nom de « centre médical municipal ». Il propose de nombreux services : chirurgie, oto-rhino-laryngologie, ophtalmologie, neuropsychiatrie, rayons ultraviolets, radiologie ainsi qu’un service d’information sur les assurances sociales. Le bâtiment présente trois étages prenant en compte différentes problématiques d’hygiène et de confort.
Une architecture moderne
Maurice Maurey, ancien collaborateur de Maurice Payret-Dortail, et Adolphe Maroille offrent un bâtiment innovant dans sa composition et ses matériaux.
La lumière entre largement par la façade vitrée qui éclaire l’accueil et le puits de jour formé par la verrière zénithale.
À chaque étage, une galerie prolongeant le palier d’escalier dessert les espaces de consultation et fait office de salle d’attente.
L’édifice présente un agréable toit-terrasse avec deux solariums sous abri, un pour les hommes et un pour les femmes.
Sur des murs de fondation en meulière, on a élevé une ossature en béton garnie de briques creuses. Le revêtement extérieur se veut extrêmement moderne car il est en quartzite, matériau repris à l’intérieur en alternance avec des carreaux de faïence de bohème d’une tonalité plus foncée.
Un bas-relief « La science secourant la douleur » orne le dessus de la porte d’entrée. Il est l’oeuvre de Maurice Saulo, Second Grand Prix de Rome en 1927.
Un complexe pour la première enfance
La crèche Alexandre Darracq a été construite grâce au legs d’un riche industriel suresnois fabricant d’automobiles.
Conçu par Maurice Maurey, comme le dispensaire voisin, elle remplit initialement deux fonctions :
– assurer la garde et la surveillance médicale des nourrissons et des jeunes enfants jusqu’à l’âge de trois ans au sein d’un service municipal de crèche.
– être à la disposition des mères et des enfants à travers différents services tels que la vente en biberons de lait contrôlé, la visite médicale des nourrissons et des consultations prénatales pour les futures mamans. L’hospitalisation temporaire des enfants est aussi possible après la vaccination antituberculeuse. Ce service est départemental.
Une architecture à hauteur d’enfants
Tout est conçu dans l’établissement pour les jeunes pensionnaires.
Un grand garage est prévu en sous-sol pour déposer les enfants qui peuvent être amenés vers le hall grâce à une rampe adaptée à la circulation des poussettes dans laquelle sont taillées de petites marches.
Au rez-de-chaussée, des salles sont aménagées pour isoler les enfants en observation, des espaces sont prévus pour baigner et habiller les nourrissons avec des vêtements propres fournis par l’établissement.
L’espace crèche prend place au premier étage. Il comprend des espaces de dortoir ainsi qu’une immense salle de jeux (15 mètres de diamètre) très éclairée et entièrement ouvrable sur l’extérieur.
Pour y accéder, l’architecte Maurice Maurey a joint aux marches normales de petites marches ainsi qu’une rampe de toboggan pour la descente. Un ascenceur pour une dizaine d’enfants peut également être emprunté.
Les équipements sont variés : plage artificielle faisant office de solarium, aquarium, bac à sable, théâtre de Guignol, jeux d’eaux, balcon.